En orpaillage, on rebouche ses trous !!!

De la même manière qu’en détection, l’orpaillage possède certaines règles. Quelques-unes sont purement juridiques, d’autres sont simplement éthiques. On entend par éthique tout ce qui fait appel au bon sens, au respect des autres et du milieu dans lequel nous évoluons, à savoir par exemple de remettre en état le milieu dans lequel nous exerçons notre loisir, notamment de reboucher nos trous.

decouverte de passage d'un orpailleur avant nous qui na pas rebouché derrere lui

Certaines personnes ne se sentent pas concernées par cet état d’esprit. C’est un fait. Pourtant ce genre d’agissement génère 2 effets néfastes : un risque d’accidents pour autrui et une mauvaise image de notre loisir.

Les trous non recouverts, c’est un Risque pour autrui

Avant de rentrer dans le détail, je vais vous raconter ce qui est arrivé au voisin de mon oncle. Rien à voir avec la détection ou l’orpaillage.

Un jour, un chercheur de champignons se promenait dans le bois de ce voisin. Il s’est fait mordre par une vipère à la jambe. Les urgences l’ont pris en charge et il a été soigné à temps. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. La victime a porté plainte contre ce voisin pour mise en danger de la vie d’autrui suite à négligence. Il lui a été reproché d’avoir mal entretenu son bois favorisant la prolifération de nuisibles, et de ne pas avoir interdit au public l’accès.

Ce petit exemple souligne 2 aspects importants de la loi : nul n’est censé l’ignorer, d’une part, et un acte de négligence est répréhensible, d’autre part.

Au bord de l’eau, le même principe est applicable. Pour pratiquer l’orpaillage, selon les départements, une autorisation ou une déclaration auprès des autorités vous est demandée. Dans ce document, qui vous rend responsable pénalement, vous devez mentionner que vous respecterez le code minier et que vous vous engagez à remettre en état toutes traces de votre activité.

Un placier peut vite devenir une zone de guerre.

trou d'orpailleur qui sera rebouché en fin de journée

Néanmoins, il n’est pas rare de voir certains endroits marqués par les stigmates de l’orpaillage : des trous, des tas de graviers, des déchets, des traces de feu, …. Mais ce que les gens oublient c’est que derrière cette négligence se cache leur responsabilité en cas d’accident corporel. La responsabilité pour l’orpailleur est indirecte.

Voici un petit exemple qui parait extrême mais qui peut être réel. Je me promène sur un banc de graviers au bord de l’eau. Par manque d’attention, je mets mon pied dans ce trou d’une quarantaine de centimètres et je me fracture la cheville. Résultat des courses : plâtre, rééducation, impossible de conduire et d’aller travailler. Connaissant la zone où je me trouve, je me doute bien que c’est un orpailleur qui a fait ça et qu’il n’a pas remis la zone en état.

Excédé, je prends des photos et je décide de porter plainte à la gendarmerie locale pour demander des réparations à ce préjudice. La question que l’on se pose alors est contre qui vais-je me retourner ? Si je suis dans un domaine privé, non fermé, je me retourne contre le propriétaire. Si c’est dans un domaine public, c’est contre la collectivité locale. Et soyez en sûr, le jugement sera en ma faveur, même si c’est une tierce personne qui en est l’auteur (n’oubliez jamais que c’est la préfecture qui donne les autorisations d’orpaillage pour déroger au code minier). De plus, ce n’est pas fini. Ma plainte va forcément faire réagir le propriétaire ou la collectivité locale. Comment ? En interdisant la pratique de l’orpaillage sur cette zone voire sur l’ensemble du territoire.

Les trous d’orpailleurs donnent une mauvaise image à l’orpaillage

pensez à reboucher votre trou une fois la journée fini

Il en est ainsi lorsqu’une personne ne respecte pas ses engagements. Toute la communauté peut être concernée par un arrêté préfectoral interdisant la pratique de l’orpaillage. L’information sera relayée partout et impactera également l’orpailleur se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres de là.

Ce principe de responsabilité et de négligence existe partout, et également en détection quand vous ne rebouchez pas vos trous.

J’entends déjà certains les détracteurs de cet article penser : « ça ne sert à rien de reboucher ses trous ou une tranchée, à la prochaine crue tout sera redevenu comme avant ».

4 réponses à donner :

1/ La prochaine crue arrivera en hiver ou au printemps donc pas mal de mois vont passer avec le risque que quelqu’un se blesse entre temps. Les trous ne se rebouchent pas tout seul.

image de trou d’orpaillage
Un trou a été fait pour extraire le gravier aurifère mais ….

2/ Le code minier est clair : il est interdit de détourner le cours du lit ou de la berge. Laisser un trou en l’état, peut modifier le cours de l’eau et c’est interdit d’après le code minier.

3/ Toute modification de la berge qui rendait favorable le dépôt d’or peut complètement être chamboulée suite à la modification de la surface du banc. Un banc de gravier est mobile certes et toute modification peut favoriser ou empêcher les prochains dépôts voire modifier la physionomie du banc et du cours d’eau dans certains cas. Or, s’il favorisait un dépôt d’or avant, autant le laisser comme tel en fin de session d’orpaillage.

trou rebouché après la journée
… Ce trou a été correctement rebouché pour éviter des accidents et permettre au système racinaire de la berge de reprendre

4/ L’orpaillage a également un impact sur l’écosystème de la zone. Cela, les préfectures le savent bien alors autant faire attention. Pour rappel, ce sont elles qui autorisent ou refusent la pratique de notre loisir !

COPYRIGHT 2018-2019 Rédigé par whex

Laisser un commentaire

error: Contenu protégé !!