9 raisons d’abandonner et se dégoûter de l’orpaillage

Quel est le comble de l’orpailleur ? Acheter le plus beau et le plus cher matériel d’orpaillage, prospecter avec motivation l’or contenu dans les cours d’eau pour finalement ne pas en trouver et abandonner au bout de 3 sorties. Au fil des ans, j’ai vu beaucoup de gens commencer et abandonner au bout d’une seule saison. Vous rencontrerez ces gens sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Ils se présenteront, poseront beaucoup de questions et feront preuve de beaucoup d’enthousiasme. Ensuite, ils se tairont. Quelques mois plus tard, ils vendront leur matériel sur Leboncoin ou le market place de Facebook. Nous allons vous montrer ici pourquoi les gens abandonnent l’orpaillage aussi vite et comment ne pas tomber dans le renoncement du chercheur d’or.

Le manque de temps pour aller orpailler.

L’orpaillage est, comme nous le savons tous, un loisir. Nous prenons donc du temps libre pour partir à l’extérieur gratter le sol, le sable, les graviers. Encore faut-il avoir ce temps pour assouvir sa passion. En plus de cela, la localisation des zones aurifères n’est pas également réparti en France. Il peut être nécessaire de faire plusieurs heures de routes pour espérer pouvoir prendre du plaisir.

Ayant connu cette situation, je conseille de bien planifier sa sortie sur plusieurs jours (vacances ou weeks ends) pour faire tranquillement le trajet et profiter pleinement de plusieurs journées complètes.



Ne pas trouver d’or devient rageant.

Je peux comprendre pourquoi tant de gens abandonnent l’orpaillage. Franchement, ce n’est pas pour tout le monde. Beaucoup de gens qui se lancent dans la prospection aurifère ont de grands rêves de vivre de leur récolte, de trouver des pépites d’or de plusieurs grammes et de vivre la belle vie. 

Ce fantasme se dissipe assez rapidement après avoir passé quelques jours sur le terrain, à gratter et creuser dans le gravier. Si vous n’avez aucune expérience et aucune idée de l’endroit où aller, il y a probablement 99 % de chances que vous ne trouviez pas d’or lors de cette première sortie.

orpailleur entrain de nettoyer du sable aurifères en Ariège

Combien de sorties allez-vous faire dans ces conditions, et combien de temps cela vous prendra-t-il avant que vous ne décidiez d’abandonner ? L’orpaillage demande de la recherche, de l’apprentissage et de la patience. Les nouveaux chercheurs d’or vont souvent rentrer à la maison les mains vides. Même de très bons prospecteurs se retirent de la pratique pour faire une pause avant d’y revenir. Vous devez accepter cette réalité ou ce n’est probablement pas pour vous.

Impossible de trouver un endroit où aller

Le plus grand obstacle pour attirer de nouvelles personnes est cette réelle incertitude de trouver rapidement et facilement une zone aurifère intéressante.

Beaucoup de gens se plaignent que l’État et le gouvernement limitent leurs droits d’orpailler librement, et ils n’ont pas tort dans certains cas, mais pour l’orpailleur moyen qui commence avec une pelle et un pan américain, ce n’est pas la belle Marianne qui les empêche de trouver de l’or, c‘est l’accès.

En fait, il faut prendre les choses simplement. Les rivières aurifères sont connues. Beaucoup d’informations existent à ce sujet, sur internet, de même que sur le site de Goldline Oraillage. Cherchez des endroits évidents sur google map par exemple, sur un méandre avec un banc de graviers ou sur du bedrock apparent. C’est un bon départ pour prospecter une nouvelle zone et commencer en orpaillage. Une fois sur place, vous pourrez vérifier la présence d’or et explorer de nouvelles zones à partir de votre point de départ.

Des attentes exorbitantes.

Pour les gens extérieurs, l’orpaillage est une lubie. Des fous, des rêveurs qui cherchent de l’or pour ensuite le revendre. A en croire les informations à la télé ou encore sur YouTube, ce loisir peut être une bonne façon de gagner de l’argent….

Je me rappelle, il y a quelques années, avoir vendu un peu de matériel d’orpaillage dont je ne me servais plus. Par chance j’ai trouvé preneur. Une personne qui vient à ma porte pour voir et acheter mon matériel. Comme a chaque fois que je fais ce genre de vente, je prends le temps de discuter un peu et je pose toujours la même question “pourquoi vous mettez -vous à l’orpaillage”, afin de connaître les motivations de la personne.

pépites d'or trouvé en bretagne

Cette personne m’explique que c’est pour elle un moyen de gagner facilement de l’argent, car elle a besoin de changer sa voiture (en me la montrant du doigt). Je n’ai pas été très honnête ce jour là car j’avais besoin de me débarrasser de ce matériel inutile et je n’ai rien dit de plus pour alimenter le débat. Intérieurement, je me suis dit que dans 1 ou 2 ans, j’allais retrouver mon matériel sur un site de vente de matériel d’occasion à coup sûr.

Trouver de l’or est très largement possible, voire facile, mais de là à en vivre, je ne pense pas. Autant la vente de débit d’or est très réglementée par le code minier et les impôts, autant il faut être réaliste sur l’orpaillage de loisir. Trouvez votre motivation dans le plaisir de l’instant passé au bord de l’eau, plutôt que sur la possibilité de devenir riche.

Si votre motivation est de trouver des kilos d’or, il est certain que vous allez devoir redoubler d’efforts et surtout vous professionnaliser pour bénéficier de l’expertise de professionnels, et du matériel permettant d’atteindre cet objectif. Si les orpailleurs devenaient riches ou gagnaient suffisamment d’argent avec leur or, ça se saurait depuis longtemps, avec au passage, une bonne part prise par l’État.

Comprenez par là que si vous voulez rester motivé pour orpailler encore plusieurs années, l’or existe mais en infime quantité, et il faudra vous contenter de ça. Plus vite vous l’aurez compris, mieux ça ira. Évidemment, de bonnes surprises sont possibles et cela arrive à des endroits souvent inconnus de tous.

Vous n’avez jamais appris à utiliser votre équipement

Un autre aspect que l’on voit souvent et même de plus en plus: Les gens essayent l’orpaillage en rivière. Ils se préparent parfaitement avec la toute dernière rampe à la mode de 2 mètres, avec son tapis colorés et ses riffles encore jamais vu. Une fois la mise à l’eau effectuée, ils mettent du gravier à l’intérieur, sans même avoir appris à utiliser un pan américain correctement ou connaître les bases de la prospection. 4 Heures plus tard, c’est l’heure de nettoyer le tapis afin de récupérer les 7 paillettes d’or qu’il contient. Voilà le meilleur moyen de se dégouter de l’orpaillage…

rampe de lavage professionnelle pour trouver des pépites d'or

Alors, je sais bien que certaines personnes qui commencent aiment avoir tout le matériel qu’il faut à disposition. Je le comprends tout à fait. Hélas, en orpaillage, avant de songer à faire un 100 mètres nage libre, on apprend d’abord à nager la brasse en petit bassin.

Savoir bien utiliser un pan puis apprendre à prospecter est la première chose à essayer de maîtriser la première année. Une rampe est inutile et les anciens vous le diront aussi, un orpailleur au pan peut aussi bien arriver à traiter des graviers qu’un autre avec une rampe, dans certaines conditions de terrain et si sa technique est parfaite et efficace. Prenez donc le temps d’apprendre, et si vous voulez investir, demandez à votre vendeur de vous expliquer comment son matériel fonctionne.

Les réalités de la prospection : peut-être que ce n’est pas pour vous.

Précédemment, nous avons mis en avant le fait qu’il y avait une grosse différence en orpaillage entre le rêve qu’on veut bien nous montrer et la réalité. Si vous pensez trouver de l’or à chaque sortie, à tel point vous pourriez ne plus avoir besoin de travailler à côté, permettez-moi de vous dire que vous faites fausse route.

Quand j’étais plus jeune, je faisais du skateboard avec un niveau plutôt bon. Je rêvais d’être aussi bon que les Tony Hawks ou encore Rodney Mullen et de participer aux X-games à Los Angeles (équivalent des JO pour les sports extrêmes). Ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai continué à faire du skate. J’ai continué tout simplement parce que j’aimais ça (et je pratique toujours aujourd’hui).

rampe de lavage professionnelle pour l'orpaillage et gold digger

Pour l’orpaillage c’est pareil. On orpaille pour une certaine récompense, mais surtout pas pour la valeur financière de cette récompense. Si l’argent et le profit sont les seules raisons de s’impliquer dans la prospection aurifère, permettez-moi de vous faire gagner du temps et de vous dire:  ce loisir n’est pas pour vous. 

Maîtrisez toutes les techniques de prospection et ne jamais abandonner.

Trouver un bon terrain aurifère représente la moitié du travail. L’autre moitié est tout aussi importante… Vous devez comprendre comment trouver l’or lorsque vous êtes sur place, et le faire aussi rapidement et efficacement que possible.

Si vous arrivez dans une zone avec une bâtée au bord d’une rivière riche en or, il y a de fortes chances que vous ne sachiez pas par où commencer.

Il faut du temps pour acquérir ce type de compétences. La prospection aurifère ne fait pas exception; Il faut plus de 1 ou 2 sorties pour comprendre les dépôts alluvionnaires et où se dépose le lourd. Il faut de l’expérience (tester encore et encore) pour apprendre à positionner correctement sa rampe de lavage et la poser au bon moment. 

Les gens qui réussissent mettent du temps à maîtriser leur sujet. Si vous n’avez pas la patience d’apprendre, de savoir où, comment, et pourquoi trouver de l’or lorsque vous êtes sur place, quelle que soit la méthode que vous utilisez, comment pouvez-vous prétendre devenir bon dans ce domaine ?

Le matériel est bien trop cher pour votre budget.

Un loisir est par définition “cher”. Le matériel d’orpaillage n’échappe pas à la règle. La raison est assez simple: Le matériel est très majoritairement d’origine américaine donc la plupart du temps importé. Il est certain que nous payons le fait que le matériel viennent de l’étranger. Pour une rampe de marque identique, le prix en France est 50 % plus cher que dans son pays d’origine, pouvant atteindre jusqu’à 100 % (le double).

De plus en plus de boutiques française se sont mises à fabriquer leur propre matériel. N’allez pas croire que, de ce fait, le prix sera plus bas, ceci pour la bonne et simple raison que la vente de matériel d’orpaillage est une “niche”, voire même une “micro-niche”. L’offre et la demande sont tellement faibles que, même pour une fabrication locale, les prix sont élevés.

Lorsqu’on débute, un kit d’orpaillage est bon marché (entre 25 et 50 euros) et largement suffisant; avec le temps et l’expérience, le besoin en matériel évolue . Aussi, il nous faut une rampe et un tapis d’orpaillage. C’est à ce moment là que le porte-monnaie peut vite flamber.

rampe de lavage fait maison DIY avec du dream mat DIY pour abandonner le tout acheter

Mais là aussi, il y a des moyens pour payer beaucoup moins cher. Cela vous demandera d’apprendre quelques manipulations techniques. Pour se fabriquer une rampe, il suffit, soit de plier une tôle en aluminium, soit dans le pire des cas, d’aller voir un chaudronnier. Pour une rampe nue achetée 60 euros en magasin, on peut passer à un prix de 15 à 25 euros chez un chaudronnier et sur mesure.

Pour le tapis, c’est peut-être un peu plus compliqué . Il est possible aussi de se faire soi-même un bon tapis d’orpaillage évolutif et sur-mesure avec du tapis en caoutchouc strié (V mat Custom dont nous avons fait un article spécifique sur le site). Il est également possible de chiner des joints en caoutchouc ou autres pièges de fortune. On peut donc se faire une très bonne rampe efficace pour moins de 40 euros, et pas une mini-rampe.

Il est donc tout à fait possible de fabriquer une très grande partie de son matériel soi-même, à condition d’être un peu bricoleur, et surtout pour vraiment pas cher et adapté à sa façon d’orpailler. Évidemment, aucune boutique ne pourra vous apporter tout cela. Le coût de votre matériel ne sera pas une excuse pour abandonner ce loisir!

Les restrictions de plus en plus fortes de la part de notre administration.

Plus les années passent plus l’orpaillage de loisir connait une réglementation de plus en plus pressante. En 1997, tout le territoire était autorisé sans exception, avec une simple déclaration en préfecture (DDT). Aujourd’hui, nous avons 2 départements interdits à l’orpaillage, la plupart des cours d’eau de première catégorie sont interdits à la prospection aurifère.

2 raisons à cela :

  • Une volonté de notre administration de garantir le capital biodiversité et le respect strict de la classification européenne natura 2000.
  • Une incapacité des pratiquants à respecter les règles légales et morales d’un chercheur d’or.

Dans tous les cas, le point principal est le respect de la nature et de la biodiversité qui est pris en compte pour la réglementation de l’orpaillage. Hélas, un orpailleur peut avoir un impact sur son milieu si sa pratique n’est pas adaptée. Les réseaux sociaux et autres publicités commerciales, en vantant tel ou tel matériel, nourrissent aussi ce besoin de trouver beaucoup d’or sans forcément mettre en avant un milieu pourtant fragile. Il appartient à l’orpailleur de montrer la meilleure image possible.

Mais parfois, cela ne suffit pas, des plaintes de riverains ou d’usagers du domaine public rapportent les stigmates que nous laissons derrière nous. C’est ainsi que, par cette pression, l’orpaillage se targue d’une mauvaise image localement, comme par exemple dans le Gard ou l’Hérault. Les préfectures prennent donc des décisions pour réglementer, contenir ou interdire certaines zones, décourageant des vacanciers ou des locaux de pratiquer l’orpaillage.

La solution est- malheureusement- collective,.. Quand elle existe! Il faut donc que tout un chacun comprenne que l’existence de l’orpaillage de loisir est aussi fragile que le milieu dans lequel il évolue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *