Comment reconnaître la pyrite ?

Combien d’orpailleurs ont cru tomber sur des particules jaunes, qui scintillent mais qui, bizarrement, bougent facilement dans le pan car … C’est de la pyrite ?. Et cette petite voix qui vous susurre : “c’est de l’or ça ?! Ou non ?!” Alors vous cherchez un peu en rentrant chez vous, et assez rapidement vous tombez sur ce que l’on appelle l’or des fous. Et oui, c’est le nom que l’on a donné à la pyrite. D’autant que l’or et la pyrite se forment dans des conditions similaires et se retrouvent ensemble dans les mêmes roches. Comment ne pas confondre l’or et la pyrite ?

Qu’est-ce que la pyrite ?

Le mot “pyrite” vient du grec “pyr” qui signifie “feu”. L’origine de cette dénomination vient du fait que c’est avec ce minéral, tout comme le silex, que les historiens et archéologues pensent que les hommes ont pu créer et reproduire le feu. Pour le cas de la pyrite, l’étincelle se créée uniquement après son impact avec un métal dur.

inclusion de pyrite dans quartz

La pyrite est un minéral jaune laiton avec des éclats métalliques et scintillants. Il a une composition chimique en sulfure de fer (FeS2) et est le minéral sulfuré le plus commun sur terre. Il se forme à des températures élevées. Son surnom est donc “l’or des fous”. Une couleur proche de l’or, une densité assez élevée (5 contre 19.3 pour l’or) suffisent pour semer le doute de par leur proche apparence. Pourtant la pyrite ne vaut absolument rien, mais fait parfois tourner les têtes des orpailleurs débutants. Il n’est donc pas rare de trouver de l’or en rivière, là où il y a de la pyrite.

Depuis le 12ème au 13ème siècle, les alchimistes ont utilisé le terme marcassite pour désigner à la fois la pyrite et ce qu’on appelle maintenant la marcassite. Au Moyen Âge, la pyrite était souvent utilisée comme synonyme de minéraux similaires.

On peut supposer que le nom marcassite est dérivé de l’un des quinze noms indiens sanskrit pour les cailloux, qui a la racine ” mákshika “”(y compris pitamákshika = galets jaunes; hema-mákshika = galets d’or, táramákshika = galets d’argent ; Svarnamakshika = galets radiaux). Les anciens Indiens savaient aussi très bien que les pyrites peuvent contenir à la fois de l’or et de l’argent. Autres Selon des sources, le mot marcassite de “Mahasu” pourrait provenir de l’akkadien, une langue sémitique babylonienne-sumérienne qui était parlée en Mésopotamie du 4ᵉ au 1er siècle avant JC. L’auteur arabe Al-Ghafiqi (Algafiq) décrit dans un livre (réalisé au XIIe siècle) un marqash-tha minéral, qui signifie «la capacité de produire des étincelles lorsqu’il est frappé sur du silex ».

Au milieu du 19e siècle, il a été reconnu que le terme pyrites de soufre n’était pas utilisé pour un seul minéral, mais pour deux minéraux très similaires, mais différents, qui ont deux systèmes cristallins différents (polymorphisme, voir ci-dessous). Depuis lors, la pyrite et la marcassite ont été classées comme minéraux distincts.

La pyrite de fer était à l’origine appelée marcassite, parfois aussi marcasine, marcassite, marchesite ou marquesite. Dans la langue anglaise, les termes utilisés sont “Cuivre-Pyrites”, “Fer-Pyrites” et “Arsenical-Pyrites”.

En raison de son éclat métallique et de sa couleur dorée, le galet depyrite est aussi appelé fool’s, en anglais “Fool’s Gold”. L’or des fous est dérivé du mot hérétique, c’est-à-dire différent de ce que la croyance permet. Le nom des imbéciles d’or vient du fait qu’il y avait toujours des gens qui craignaient pour les propriétés extérieures et croyaient avoir trouvé de l’or. Contrairement à l’or véritable, la pyrite n’est pas malléable et est beaucoup plus dure.

La chose curieuse est que la pyrite peut contenir de l’or, tout comme l’argent. Cependant, ce n’est qu’à une concentration si faible qu’elle ne peut être séparée que dans des conditions techniques particulières. Néanmoins, la pyrite est un minerai doré économiquement exploitable.

Caractéristiques de la pyrite.

La pyrite et la marcassite ont la même formule chimique FeS 2 , mais diffèrent par leur symétrie. Le composé chimique est dimorphique. La forme cubique est appelée pyrite, la forme orthorhombique est appelée marcassite. À des températures supérieures à 400 ° C, la marcassite se transforme en pyrite.

La pyrite et la marcassite sont instables dans des conditions normales et se décomposent. En fonction de l’évolution des conditions, ce processus de décomposition peut avoir lieu en très peu de temps ou durer plusieurs décennies. La marcassite peut vieillir et se désintégrer très rapidement, généralement à une humidité de l’air supérieure à 40%. Au cours de la décomposition, de l’acide sulfurique se forme sous l’action de l’humidité atmosphérique.

La pyrite est opaque, de couleur or métallique à jaune laiton, ternit avec une couleur sombre et peut être irisée. La ligne est noir verdâtre à noir brunâtre à la touche, et le brillant est métallique. Parfois, le minéral est anisotrope. Il est indistinctement clivable. La rupture est en forme de coquille, la ténacité cassante, la dureté est de 6-6,5. La densité du minéral est de 5,018. La pyrite est paramagnétique, c’est un semi-conducteur.

Identifier la pyrite en orpaillage.

La densité :

La première chose qui vous aidera à l’identifier dans votre fond de pan, c’est sa densité. Normalement ,l’or reste en dernier dans votre pan. Vous ne pouvez pas vous tromper sur ce point. La pyrite, elle, a une densité beaucoup plus basse, légèrement moins dense que le sable noir. Donc, la pyrite doit se laver avec le reste des graviers, mais historiquement, nous savons tous que les paillettes d’or en aile de mouche ont tendance à se lessiver facilement. Dans l’inconscient collectif, quand on a déjà vu une aile de mouche et son comportement, on peut parfois se dire qu’un “truc” jaune et brillant qui descend trop vite peut être de l’or. Dans ce cas, fiez-vous à votre vue. Regardez bien la forme et imaginez sa densité et sa couleur. Si c’est très aplati avec un jaune pale et “puissant”, c’est possiblement de l’or. Si c’est jaune métallique et scintillant, c’est de la pyrite. L’or est 3 fois plus dense que l’or des fous. N’oubliez jamais ça.

La couleur de la pyrite :

pyrite vue à a binoculaire

Comme nous l’avons abordé juste au-dessus, l’or a une couleur jaune pale et profonde. L’or des fous a une couleur jaune mais plus “laiteuse”. De plus la pyrite a une fâcheuse tendance à ternir et virer vers le blanc brillant. L’or, lui, ne ternit pas. Sa couleur reste stable dans le temps.

La forme :

bloc de pyrite

Les paillettes de pyrite sont très angulaires avec des bords assez vifs. Mais, étant donné que c’est une roche cassante, son érosion et sa forme lors de sa saltation ne lui permet pas de se compacter. Au contraire, l’or est très malléable. Les chocs, lors de son transport le déchirent, l’aplatissent et le façonnent par pliage sur lui-même, rendant les bords arrondis. Il est possible de trouver des paillettes d’or a bords vifs, ce qui traduit une source proche. Mais ce cas de figure reste rare en France. Il est également possible de trouver la pyrite sous forme très géométrique en cube ou octogone.

La trainée :

Si vous récupérez un échantillon de pyrite, vous pouvez faire un test de trainée. C’est exactement le même genre de test que ce qu’on fait avec une pierre de touche. Dans le cas de la pyrite, il faut une pierre blanche. Si vous comparez l’or et la pyrite, l’or laissera une trainée jaune (or) et la pyrite une trainée vert-noir.

trainée de la pyrite

La Cassure :

Avec une lame de couteau, un test est assez facile à réaliser. La pyrite est très cassante, l’or très mou. Posez vos échantillons sur un fond plat (un pan par exemple). Exercez une pression avec votre couteau sur vos échantillons; l’or se déforme et s’écrase sous la pression, la pyrite résistera et cassera.