Comment bien utiliser une rampe d’orpaillage Caledonian ?

La sluice box CALEDONIAN est une rampe de lavage pour la recherche d’or. Elle est d’origine écossaise créée par Leon Kirck en 2006. Ce matériel d’orpaillage est très populaire dans les pays nordiques. Il s’en vend quelque 15 000 en 2018 dont 250 riens que pour la France. Elle se décline en 3 tailles : MINI (60cm), NORMAL (76 cm) et SUPER (100 cm). En premier lieu, elle était entièrement en fibre de verre pour une production de faible série, mais face à son succès, son inventeur a opté pour un plastique ABS. Plus facile à fabriquer en grand nombre tout en conservant sa qualité de fabrication d’origine. Au Royaume Unis, c’est la rampe la plus utilisé en orpaillage. C’est un matériel simple d’utilisation et terriblement efficace.

Comment bien utiliser une rampe d'orpaillage Caledonian ? 1

Ces 3 rampes sont maintenant disponibles en France dans le réseau Detexpert exclusivement. C’est une rampe qui a été remarquablement bien étudiée pour être fiable et facile à utiliser.

Que se cache-t-il sous ce « capot » ?

En premier lieu, on remarque sa forme particulière et l’absence de tapis amovibles. Le caledonian fait partie de la famille des sluices stream (rampe de courant) sans tapis. Donc pas de démontage ; les pièges à or font partie intégrante du corps de la rampe. Ce qui est remarquable, c’est son poids plume : 800 grammes de plastique contre 4 kg pour le poids moyen d’une rampe “classic”. Mais n’allez pas croire qu’elle est fragile ! Le caledonian est un condensé de bonnes idées afin de piéger aussi bien les pépites que la “farine”.

La sluice box CALEDONIAN : la physique au service de la performance !

  • Le 1er principe physique qu’exploite la sluice box CALEDONIAN , de par sa forme, est l’effet Venturi. Si on se réfère à un cours magistral de physique sur la dynamique des fluides, on peut lire ceci sur l’effet Venturi : si le débit de fluide est constant et que le diamètre diminue, la vitesse augmente nécessairement. Du fait de la conservation de l’énergie, l’augmentation d’énergie cinétique se traduit par une diminution d’énergie élastique, c’est-à-dire une dépression.
Comment bien utiliser une rampe d'orpaillage Caledonian ? 2

La partie étroite du caledonian permet à la fois une accélération du courant circulant dans la rampe jusqu’à sa partie la plus étroite. Ce rétrécissement créé à cet endroit précis une dépression. Or, l’or, avec sa forte densité, se dépose justement dans les zones de dépression.

  • Le 2ème principe physique qu’utilise le caledonian est le courant d’Eddie (ou le vortex derrière un obstacle).
mouvement de l'eau sur un riffle sluice box

Si un obstacle s’érige devant un courant, il va se créer derrière lui un courant tourbillonnant juste derrière lui ; c’est le courant d’Eddie. Le vortex est créé par une chute brutale de l’eau dans une zone de dépression (vide). Ce mouvement génère un effet cyclonique du courant juste derrière l’obstacle. Il puise son énergie dans le courant d’eau circulant au-dessus de lui.

Il devient circulaire et continue (tant que le courant circule). Un courant inverse va se créer sur le fond de la rampe, derrière chaque riffle. Ici, les sables aurifères entraînés par le courant vont gravir chaque obstacle. La chute de pression due au vortex va piéger l’or et les particules les plus lourdes juste derrière les riffles. Ce courant cyclonique va donc bloquer les particules lourdes derrière et au pied de l’obstacle ; les plus légères vont, au contraire, être entraînées par le courant et/ou éjectées du piège. La sluice box CALEDONIAN utilise entièrement ce système de vortex pour piéger l’or.

Si on regarde maintenant le fond de la rampe, on peut apercevoir 3 zones distinctes :

le sluice coledonian se decoupe en 3 partie
  • Un tapis de caoutchouc trié en V.
  • Une première série de radiers (riffles) en marmite.
  • Une série de riffles en triangulaire excentrés vers l’arrière. .

Le tapis trié en V devant le sluice :

Comme sur la plupart des sluices, le tapis triés en caoutchouc en V (V mat) n’est pas réellement un piège à or. Son rôle est uniquement de révéler la présence d’or dans le gravier en cours de traitement.

tapis trié devant la rampe caledonian

Le flare étant une zone d’accélération du courant, c’est également la zone de chargement de la rampe en graviers. Le courant entraînant en premier lieu les matières les moins denses au cours de ce débourbage, l’or va descendre au plus bas de la rampe avant de se laisser porter vers l’aval en roulant au fond. Les striés formant des mini-pièges, permettent à l’orpailleur de visualiser aisément le passage de l’or pouvant même rester bloqué.

Les riffles en marmite :

Se situant encore dans la zone d’accélération du flare, la forme des riffles est assez particulière. On nomme ces riffles des « marmites ». Dans le milieu naturel, les marmites sont des trous à la surface de la roche mère (bedrock) du lit de la rivière. Généralement lisses et plates dans des zones où le courant est assez rapide. C’est d’ailleurs l’un des endroits privilégiés à exploiter car souvent payant dans le milieu naturel.

les riffles en marmite du caledonian

C’est la zone où le courant approche de sa vitesse maximale. La zone de dépression se fait de plus en plus ressentir de par l’effet venturi. Le niveau de l’eau dans la rampe s’élève légèrement et accentue l’effet de dépression par la masse même de l’eau en mouvement. L’ensemble de ces forces renforce la puissance du vortex, accentuée par un courant quasi rectiligne au-dessus des riffles. C’est dans cette zone que les 80% de l’or circulant dans la rampe sont piégés.

Les riffles en Pyramides :

La plus grande hantise d’un orpailleur est que l’or passe la rampe sans être piégé, en particulier l’or fin. Pour résoudre ce problème la dernière partie de la rampe est dotée d’une grande série de riffles de formes triangulaires. C’est également une zone où la largeur de la rampe s’agrandit progressivement.

les riffles en pyramide du caledonian

Cet élargissement diminue l’effet de dépression derrière chaque piège. La hauteur d’eau accumulée juste avant dans la partie étroite de la rampe permet de conserver l’énergie cinétique de l’eau et du vortex. Du fait de l’angle de riffles plus élevés (comme un tremplin) et de cet élargissement, le vortex gagne en hauteur mais se raccourcit derrière les riffles favorisant la captation des particules d’or les plus fines.

riflles caledonian en esclaier

L’arrière de la plupart des riffles est en forme d’escalier. Cette forme permet de modeler le vortex afin qu’il prenne une forme plus allongée vers l’arrière. Ceci permet de gagner en efficacité et assurer un brassage optimal des graviers se retrouvant piégés.

la caledonian piege de la farine d'or

La sluice box CALEDONIAN est une rampe qui a été beaucoup travaillée afin de répondre aux problématiques que l’on peut rencontrer. Quand on utilise ce genre de rampe, il est important de pouvoir piéger toutes formes de paillettes d’or.

Comment Utiliser et positionner La sluice box CALEDONIAN.

Le positionnement.

Si le poids du caledonian est un atout pour le transport où sa manutention lors du nettoyage, sa mise à l’eau peut parfois donner des sueurs froides. Il peut très facilement se faire entraîner par le courant. Pour bien le caler, il faut choisir un emplacement avec du bon débit.

Fabriquez un lit de gros galets pour positionner la rampe au-dessus. Les plats bords latéraux sont justement faits pour que la rampe soit calée dans le lit et puisse accueillir des galets au-dessus.

sluice box caledonian classic en action

Cette rampe a besoin de courant pour fonctionner et générer des vortex. Il faut aussi savoir positionner sa rampe dans le courant pour bien la faire fonctionner. La hauteur d’eau ne doit pas excéder 3 cm de haut (soit 2 doigts). Placez la rampe face au courant (surtout pas de biais). Il faut que le débit soit suffisant (ni trop fort ni trop faible). S’il est trop fort, l’or n’aura pas le temps d’atteindre le fond et ne sera pas piégé ; s’il est trop faible, tous les graviers vont engorger les riffles et l’or sera lessivé par le courant.

L’astuce pour connaître le bon débit est de faire circuler une petite pelletée de graviers et de vérifier que les graviers « dansent » derrière le dernier riffle. Le dernier riffle étant l’endroit où la vitesse de l’eau est la plus lente dans la rampe, lorsque les graviers vibrent, c’est qu’ils sont dans l’œil du vortex et donc que le tri des particules lourdes et légères s’effectue.

Pour éviter d’avoir un débit trop faible, il faut vérifier la vibration des graviers dans ce dernier riffle. Au cas où le débit est trop fort, il faut vérifier si au premier riffle triangulaire, il n’y ait pas de turbulences au sommet du riffle. Pour faire varier le débit, jouez sur la quantité d’eau d’entrée et la pente pour faire accélérer ou ralentir le débit. Pour que son utilisation soit efficace, il vaut mieux tamiser le gravier au préalable entre 0.6 et 0.8 cm. Ce n’est pas une obligation mais c’est préférable.

L’utilisation de La sluice box CALEDONIAN.

Lorsque vous alimentez la rampe en gravier, ne posez pas tout une pelletée directement sur le tapis en caoutchouc. Préférez pulvériser les graviers sur toute la largeur pour un meilleur débourbage et une bonne répartition dans la rampe. Dans ces conditions, il est préférable de nettoyer la rampe au bout de 2 heures maximum.

Avant de la nettoyer, laissez-là 2-3 minutes dans l’eau afin de laisser finir le tri du dernier chargement. Sortez la rampe hors de l’eau en la laissant bien à l’horizontale. Posez votre pan ou votre seau au sol. Posez l’arrière de la rampe à la verticale sur votre contenant et versez l’équivalent d’1 litre d’eau sur la partie avant pour ainsi récupérer les sables aurifères.

Il ne reste plus qu’à découvrir le résultat en terminant au pan. La version SUPER a exactement la même forme que le CLASSIC, seule la taille change. La version MINI, par contre, à le même agencement de riffles que les autres sluices, mis à part que les bords sont parfaitement parallèles. Comme son nom l’indique, il est beaucoup plus petit, idéal pour la prospection.

La rampe d’orpaillage Caledonian est parfaite équilibré et symétrique. De par sa forme pour la version classic et maxi, avec l’effet Venturi, le flux d’entrée de l’eau doit être le plus droit (dans l’axe) et rectiligne possible. L’en ne doit pas entrer dans la rampe de biais. Une telle situation de positionnement rendra la rampe moins efficace et ne fonctionnera que sur un seul coté. Vous perdez alors tout l’effet bénéfique de l’effet Venturi qui boost le flux d’eau juste après la zone de ressaisissement.

NB : pour le cas de la mini-caledonian, la forme est beaucoup plus simpliste (droite et sans flare) ce qui n’enlève en rien à son efficacité. la taille des riffles son plus petites et proportionnelles à la taille de la rampe. Certain se plaignent de la difficulté de positionner la rampe dans l’eau du fait de son poids et de sa forme. Je vous donne une astuce pour poser et maintenir votre mini-caledonian dans l’eau. Utilisez votre pas, retournez le, et poser le sur la rampe en place. Puis poser une pierre sur le pan retourné pour lester l’ensemble.

La nouvelle version des Caledonian.

la nouvelle version de la caledonian classic sluice box rampe de lavage orpaillage

Depuis juillet 2019, caledonian se met à jour. Ceci commence par la Caledonian classic. Elle se voit rigidifié par un raidisseur. Mais surtout l’angle de ses 10 dernières riffles s’abaissent pour accentuer la puissance des vortex. Ainsi C’est une toute nouvelle rampe qui vient de voir le Jour.

NB : Désolé pour ce titre qui peut paraître racoleur, mais je le pense vraiment

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