Où trouver la “Gold Line” en Orpaillage dans une rivière ?

Un orpailleur doit apprendre à lire une rivière, pour déterminer où est l’or. Apprendre à lire une rivière veut dire “visualiser la forme visible et immergée d’un cours d’eau pour comprendre où sont les courants et où sont les zones de dépression”. Tout ceci dans le but de deviner par où passe la “gold line”. Encore faut-il comprendre ce qu’est une gold line, savoir à quoi elle ressemble, s’il y en a une ou plusieurs. Savoir déterminer où est la gold line permet à l’orpailleur d’optimiser le succès de sa prospection et donc de trouver de l’or.

C’est quoi la Gold line ?

La gold line est le chemin qu’emprunte l’or dans un cours d’eau. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la gold line n’est pas vraiment visible. Ce n’est pas une ligne d’or visible sur le sol. C’est plutôt des traces ou des zones de couleur sombre ou noire que l’on peut apercevoir sur certains bancs de graviers.

En anglais, on appelle cette ligne, la “ligne de paiement en or” car la gold line est la zone où la concentration en or est la plus forte.

dessins de la gold line dans une rivière

En réalité, la gold line est matérialisée par la présence de sable noir contenant l’or. Cette ligne représente donc le chemin exact qu’emprunte l’or dans un cours d’eau. La gold line fait donc partie d’une des caractéristiques du transport sédimentaire, au même titre que le transport, par roulement ou par saltation.

Ce qui rend la gold line unique est le fait qu’elle soit composée exclusivement de matériaux denses. Parmi ces matériaux, on retrouve l’or et les composants du sable noir (ferrites, magnétites et hématites) mais aussi certains gemmes comme les grenats ou les saphirs, les débris de plombs ou de ferraille. C’est la raison pour laquelle l’or empruntera cette voie et pas une autre, et se déplacera uniquement pendant les périodes de crues.



NB : une rivière qui coule avec un débit normal n’a pas assez de puissance et de force pour déplacer l’or placé sur cette ligne, il faut une crue pour permettre le déplacement de la gold line.

Contrairement à ce qu’on peut imaginer, la gold line n’est pas une ‘ligne”, c’est plutôt une bande de plusieurs centimètres de largeur, voire plusieurs mètres. Il peut aussi y avoir plusieurs gold lines, plusieurs chemins qu’empruntent les matériaux lourds, en fonction de la topographie du fond rocheux du bassin sédimentaire. L’or se déplacera dans la ligne de moindre résistance et cette ligne est toujours la gold line.

Comment localiser la Gold line dans un cours d’eau ?

La gold line est une zone distincte des minéraux lourds qui se déplacent pendant les crues. En période d’étiage, la gold line reste stable et immobile. Pendant les crues, les minéraux qui la composent sont en mouvement et suivent le flux, emportés par le courant beaucoup plus puissant. Pour que la gold line devienne mobile, il faut que le flux commence à soulever les sédiments. Il faut donc une vitesse de l’eau à plus de 35 cm/s pour que la gold line commence à bouger. Mais la gold line est souvent surmontée de sédiments plus légers. Il peut être donc difficile de trouver la gold line sans creuser un petit peu pour la voir.

Le but pour localiser la gold line, c’est de trouver ces zones de moindre résistance des sédiments avec l’eau. Plus facile à dire qu’à faire voir n’est-ce pas ? Mais j’ai 2 méthodes qui me permettent de la localiser: L’une entièrement visuelle, mais qui présente des limites, l’autre, qui a une approche un peu plus scientifique et théorique.

Reconnaître l’emplacement de la gold line en regardant la couleur des minéraux.

Nous en avons parlé sur la première partie de cet article, la gold line n’est rien d’autre qu’une bande où se regroupent les matériaux lourds. Parmi ces matériaux, il y a le sable noir. Le but est donc de rechercher ces bandes, des auréoles de sable noir dans les graviers ou des taches laissées sur les roches en présence dans l’eau et sur les abords du lit du cours d’eau.

banc de gravier ou la gold line passe
Une légère bande noire est visible sur la limite avec les graviers et la zone de végétation. C’est une trace de passage de la gold line qui passe par cet endroit pendant les crues. Le sable est très noir et fait partie de la composition du placer avec les galets de forte densité

NB : N’oubliez pas que la gold line et l’or se déplacent uniquement lors des crues. De ce fait la gold line peut parfois être exposé à l’air en période d’étiage quand les niveaux sont bas.

Il est intéressant de noter que la gold line peut également changer de chemin si la puissance de le flux est plus importante que d’habitude. Il est donc parfois possible de trouver des traces de la gold line à plusieurs mètres au-dessus du niveau de l’eau. Il est possible de voir la gold line sur une berge uniquement lorsque nous nous trouvons sur une courbe (méandre).

Repérer la gold line uniquement avec la vue reste cependant très limité. Souvent la gold line reste toujours sous l’eau, en particulier lorsque le chemin de l’eau est en ligne droite ou sur une courbe peu prononcée. C’est alors que nous avons besoin d’un peu de mathématiques pour déterminer son emplacement.

Estimer l’emplacement de la gold line lorsqu’elle est sous l’eau.

Dans plus de 75% des cas, la gold line est sous l’eau, même en plein été. Sa visualisation est alors difficile, même en sniping avec un masque et un tuba. Mais il existe une petite astuce mathématique qui permet d’estimer son passage à tel ou tel endroit. Ce n’est pas une science exacte mais cela reste suffisant pour en confirmer sa présence.

Tout d’abord, reprenons les bases. La gold line c’est du lourd, du très lourd. La gold line se déplace sur les zones subissant le moins d’impact avec le flux de l’eau en crue.Elle va donc se positionner le plus au fond du lit du cours d’eau et sur le chemin le plus à la corde des méandres.

dessin de la gold line en orpaillage
En ligne droite

En ligne droite, la gold line prend la position la plus profonde dans le lit de la rivière. En fonction de la forme du bedrock, le sable noir aura tendance à se placer dans la partie la plus profonde du lit.

Cependant, un cours d’eau n’est jamais rectiligne. Il y a des courbes. Dans un méandre, nous savons qu’il se forme un banc de graviers qui permet le dépôt de l’or et des sables noirs sur la berge intérieure. Maintenant il peut être intéressant de savoir où chercher sans même regarde la couleur des graviers ou même de creuser.

dessin de la gold line en orpaillage
Sur un méandre avec une hauteur d’eau modérée

Je m’imagine en prospection sous-marine, en sniping sans me mettre en danger bien sûr, en train d’observer la forme de chenal du cours d’eau. Je localise la hauteur maximum de l’eau lors des dernières crues, soit en utilisant vigicrue , soit en observant les stigmates de la végétation sur les berges.

Je trace mentalement une droite (ici en rouge) entre le point de la hauteur d’eau sur la berge où se trouve le banc de graviers et le fond du bedrock au 3/4 du cours. Cette droite rouge est donc ma référence. Il suffit alors de déterminer là où les zones les plus basses par rapport à cette droite rouge de référence (penchez un peu la tête vers la droite pour mieux voir). Je peux ainsi repérer (ici en noir) la zone la plus probable où se situe la gold line.

Même exercice avec une crue encore plus puissante et grosse.

dessin de la gold line en orpaillage
Sur un méandre avec une hauteur d’eau importante

Mon point de berge se trouve plus haut. Mon point au 3/4 du lit est toujours le même. L’angle de ma droite de référence en rouge est plus pentu et traduit une puissance du flux qui va pouvoir rabattre davantage de sable noir plus haut, et modifier le chemin de la gold line. Dans ce nouveau cas, la gold line est répartie sur 2 zones :

  • Une sur le fond en contact avec le banc de graviers et
  • Une au-dessus du banc de graviers en contact avec la berge et la végétation.

C’est donc dans ces zones noires que l’or sera le plus concentré. Dans ce dernier exemple, l’or et le sable noir transiteront également sur le dessus du placer, mais la concentration de ces matériaux sera plus importante dans les zones les plus basses, à l’abri du flux, dans les zones dépressions et les fosses.

Merci à la faculté universitaire de Toulouse de nous avoir conseillé sur cet article.