Le département de la Dordogne interdit à l’orpaillage.

Après le Finistère et le Lot-et-Garonne, c’est Maintenant le tour du Département de la Dordogne d’interdire l’orpaillage de loisir. En effet l’information vient d’un de nos lecteurs qui nous a alerté. Je lui ai donc demandé de me fournir le document justifiant cette information. je préviens tout de suite : petit coup de gueule.

Une interdiction pour cause de protection du biotope et de Natura 2000.

Avant d’aller plus loin, voici le mail de la responsable des demandes pour la Dordogne concernant son avis sur une demande pour orpailler.

la preuve que l'orpaillage de loisir est interdit en Dordogne

Le demandeur avait clairement stipulé une section du cours d’eau sur la Dordogne mais dans le dernier paragraphe, l’administrateur lui a expliqué que l’interdiction était sur tout le cours de la Dordogne et du Lot et implicitement de leurs affluents.

L’orpaillage est donc incompatible, d’après ce document, avec l’arrêté sur la protection du biotope et le classement Natura 2000 qui touche 95 % de nos berges fluviales en France. Techniquement, ce sont les mêmes arguments qui ont été avancés pour l’interdiction de l’orpaillage dans le Finistère.

Pourquoi une telle absurdité de jugement pour le cas de la Dordogne ?

Nous sommes désolés d’utiliser ce type de langage mais il est grand temps de prendre position pour défendre notre loisir. Et hélas, nous ne sommes pas bien nombreux à défendre nos intérêts.

Natural 2000.

Pour le cas de Natura 2000, il existe une charte de bonne conduite pour respecter ce classement.

  • À rendre accessibles les parcelles pour lesquelles il possède des droits personnels ou réels,
    afin que la structure animatrice, en collaboration éventuellement avec des naturalistes,
    puisse réaliser des travaux d’inventaire et d’évaluation de l’état de conservation des habitats
    naturels et des espèces (les modalités d’intervention sont à définir avec les représentants du
    Comité de pilotage).
  • Lorsque la structure animatrice du site signale la présence d’espèce(s) d’intérêt
    communautaire sur les terrains pour lesquels la charte a été signée : à ne pas détruire les
    Habitats d’intérêt communautaire, à communiquer à l’animateur ses projets d’intervention
    et à l’avertir de toute destruction involontaire (incendie, tempête…). En retour, la structure
    animatrice pourra lui proposer des alternatives de gestion, compatibles avec la préservation
    de cette ou de ces espèce(s).
  • Informer tout prestataire et autre utilisateur intervenant sur les parcelles concernées par la
    charte des dispositions prévues par celle-ci
  • Mettre en cohérence le plan de gestion ou le document d’aménagement avec les
    engagements souscrits dans la charte, dans un délai de 3 ans
  • Dans le cadre d’opérations de restauration ou d’entretien, utiliser des huiles
    biodégradables
  • Ne pas introduire de manière volontaire des espèces exotiques ou à caractère envahissant
    et veiller à ne pas les laisser s’installer en cas d’installation spontanée de ces espèces
  • À signaler l’organisation d’activités de sports de nature sur les parcelles engagées
  • À ne pas utiliser de véhicules motorisés en dehors de ses activités forestières ou agricoles
    ni autoriser la circulation et le stationnement de véhicules motorisés autres que ceux
    destinés à des activités forestières ou agricoles et aux véhicules d’incendie et de secours
  • A s’assurer de la propreté des lieux (ne pas jeter de détritus non dégradables…) et de la
    tranquillité du site (présence de troupeaux, bruit…)
  • Si présence de petits patrimoines bâtis (moulin, cabane…) occupés par des chauves-souris,
    s’abstenir de toute intrusion physique, de novembre à fin mars, période d’hibernation (sauf
    en cas de nécessité majeure après contact avec la structure animatrice).

Il me semble que tout ceci est largement compatible avec notre loisir. Encore faut-il se donner la peine pour chacun des partis de respecter sa part de responsabilité.

Arrêté de protection du biotope.

D’après l’arrêté de protection du biotope de la Dordogne, il nous semble que rien ne prouve que l’orpaillage de loisir mette en péril le respect strict du contenu de cet arrêté.

  • Nous ne faisons pas d’extraction sur le lit mineur car nous ne faisons que récupérer une partie de l’ensemble des granulats (environ 0.1 à 0.5 % si on a de la chance) et le reste est restitué conformément au code de l’environnement qui nous demande de remettre en état la zone.
  • Nos rejets d’effluents ne sont ni plus ni moins les constituants même du cours d’eau.
  • Et de là à réduire notre activité à un “ouvrage” pour déplacer quelques cailloux qui seront remis en place …

Où est la preuve que l’orpaillage de loisir est incompatible avec nos rivières ?

Aujourd’hui, nous demandons que l’orpaillage de loisir soit reconnu. Pour être reconnu, il faut que ce loisir soit encadré, avec des règles et des devoirs pour tout le monde.

Encore faut-il savoir si l’orpaillage nuit réellement au biotope et à la biodiversité ? Y a t il une étude qui puisse étayer cela ? Non ! Aussi, pourquoi vouloir interdire alors que d’autres usagers peuvent utiliser le domaine fluvial en toute connaissance de cause ? Aucune information n’existe pour notre loisir qui ne représente un nombre infime comparait à d’autres usagers. Par contre nous ne sommes pas clean non plus. Nous voyons trop d’images qui circule sur des pratiques parfois douteuses. N’oubliez pas que l’image de l’orpaillage en France est lié à notre culture comme l’utilisation du mercure et la déforestation en Guyane. À nous de montrer et expliquer que l’orpaillage de loisir est bien loin de tout ça. Comment voulez-vous défendre un loisir et nous ne sommes pas capable de le respecter …

Nous suivons l’affaire de près et nous avons déjà contacté par email les personnes en charge du dossier orpaillage en Dordogne en donnant notre point de vue. Nous attendons un retour.

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