Comment utiliser un détecteur de métaux pour trouver l’or ?

Depuis ces 2 dernières années, les médias télévisuels ont mis à dispositions du grand public plusieurs émissions sur les chercheurs d’or un peu partout dans le monde. Si vous vous intéressez à l’orpaillage, vous aurez certainement vu des ruées vers l’or en Australie. Mais qu’en est-il en France ? Comment utiliser un détecteur de métaux en orpaillage ? C’est ce que nous allons tenter de vous expliquer ici.

pépite australienne trouvé au detecteur

Un détecteur de métaux, c’est quoi ?

L’histoire du détecteur.

Le premier détecteur de métaux a été inventé par un Américain, Alexander Graham Bell, en 1881. L’histoire raconte que c’est suite à l’attentat mortel sur le président américain de l’époque, James A. Garfield, blessé par balle, que le premier détecteur a vu le jour. En effet, ce fut sur sa table d’opération que l’on fit appel à James A. Garfield, un physicien connu pour ses recherches dans le traitement du signal et aussi l’invention du téléphone. Il avait mis au point un détecteur de métaux primitif pour tenter de localiser la balle du président dans le but de l’extraire. Mais, comme vous le devinez, ce fut un échec.

C’est pendant la première guerre mondiale que le dispositif médical fut suffisamment performant pour être utilisé correctement. L’idée de cette invention connut toute sa gloire dans l’après-guerre de 39-45, ici, en France, justement pour déminer le sol de toutes les pompes alliées et mines nazis.

C’est finalement Gerhard Fisher, le premier physicien et inventeur de la marque Fisher, qui à créé le premier détecteur à bras télescopique et à large diffusion électromagnétique. C’est le détecteur que l’on connait aujourd’hui.

Principe de fonctionnement d’un détecteur.

L’induction électromagnétique est l’énergie qui est la base du fonctionnement d’un détecteur de métaux. Un conducteur électrique transportant du courant produit un champ magnétique dans l’espace qui l’entoure. À travers une bobine, la valeur de la force électromotrice produite par la variation du champ magnétique est donnée par la loi de Faraday. La proximité d’un objet métallique au passage d’une bobine fait varier son inductance.

Cette variation est ensuite transmise vers le boitier pour identifier la conductivité du métal en présence et donc tout type d’objet métallique. Un détecteur est donc constitué d’une bobine alimentée par un courant alternatif,  bobine réceptrice réagissant aux champs magnétiques et enfin un processeur analyse l’intensité du courant induit par ces 2 bobines. Ce processeur traduit un résultat électrique en signal sonore et visuel sur le détecteur.

Quel type de détecteur de métaux utilise-t-on pour rechercher de l’or ?

En 2008, plusieurs ruées vers l’or ont eu lieu dans différents pays africains. Depuis plus d’une dizaine d’années, l’Australie connait aussi un certain attrait pour le recherche d’or natif. La recherche de pépite induit forcément une recherche d’or natif de petite taille pour les prospecteurs. Mais l’or est capricieux. Sa conductivité est très proche de celle du fer et de l’aluminium. L’utilisation d’un détecteur à basse fréquence (7-12 KHz) n’est pas du tout adapté à ce type de recherche, très spécifique pour ce genre de trouvaille.

pépite australienne trouvé au detecteur

Généralement, prospecter l’or natif se fait dans les pays assez désertiques où la présence humaine et donc sa pollution est rare. Il est donc conseillé d’utiliser un détecteur haute fréquence. Plus la fréquence est élevée, plus la taille de l’objet peut être petite (pour l’or) et accrocher la cible. La limite basse est 18-20 Khz et on peut monter jusqu’à 50, voire plus encore.

Ou chercher ?

Pour le débutant, la détection de métaux dans le désert devrait être considérée comme un excellent domaine d’apprentissage. Étant donné que le désert a un terrain essentiellement plat et très peu de minéralisation dans le sol, un nouveau détecteur de métaux peut être maîtrisé plus facilement ici.

specimen australien trouvé au detecteur

Recherchez partout où des pépites d’or ont été trouvées par le passé, en d’autres termes, toutes zones aurifères. Presque tous les livres de recherche sur les opérations minières passées peuvent vous aider à localiser des zones potentielles. Une fois que vous avez localisé une zone, vous devez vous assurer que ce n’est pas une propriété privée ou déjà prise par une exploitation exclusive de recherche.

Est-t-il possible, en France, de trouver de l’or avec un détecteur ?

Les rivières Françaises sont loin, très loin d’être des conditions idéales pour rechercher l’or au détecteur de façon directe. En effet, la pollution métallique des cours d’eau (plombs de pêche, plombs de chasse, ferraille et déchets divers, magnétite) rendra impossible votre détection de pépite.

prospection en plein desert australien au pan et au detecteur

Aussi, une utilisation de détecteur sera possible pour rechercher et localiser les lieux des dépôts aurifères. Ce ne sera pas directement pour chercher l’or mais les déchets et débris qui l’accompagnent . Dans ce cas, nul besoin d’utiliser un détecteur à plus de 2000 euros. Un détecteur, même basse fréquence, suffit. On utilisera justement tous les signes de notre détecteur qui traduira une perturbation électromagnétique ferreuse (magnétite du sable noir) ou des gros objets ferreux.

Le principe sera donc de régler votre détecteur , non pas pour chercher des cibles nobles (or ,argent, cuivre) mais de discriminer ces derniers. Il faut rechercher des cibles ferreuses. Plus votre détecteur deviendra instable à un endroit, plus cette zone est susceptible de déposer des cibles ferreuses, donc de l‘or. L’utilisation de pin pointer peut être aussi une bonne alternative.

Vaut-il mieux un détecteur à induction pulsée ou un VLF ?

Les prospecteurs ont deux choix possibles pour chercher de l’or avec un détecteur de métaux. Il existe des détecteurs de métaux à très basse fréquence (VLF) et des détecteurs de métaux à induction pulsée (PI). Les deux modèles peuvent trouver de l’or et chacun a sa propre place.

Les détecteurs PI attirent le plus d’attention.

Même si ces dernières années, les chercheurs d’or préfèrent utiliser un détecteur à Induction Pulsée, certains sont restés au VLF. Les détecteurs PI fonctionnent mieux pour la recherche de l’or et donnent de biens meilleurs résultats que les VLF. Ils font un travail exceptionnel en annulant les roches magnétiques et le bruit du sol, pour lesquels les VLF n’excellent pas.

La capacité des Inductions pulsées à couper le bruit du sol leur confère un avantage de profondeur considérable par rapport aux détecteurs VLF. Bien sûr, la profondeur est très importante dans de nombreux endroits, car les zones aurifères ont été durement exploitées au fil des ans. Si vous prospectez dans une zone très marquée par un orpaillage passé, alors un tout petit peu de profondeur supplémentaire peut donner une belle pépite que les autres détecteurs ne peuvent pas entendre.

Les VLF sont des technologies « anciennes », mais elles fonctionnent toujours.

Le VLF est une technologie beaucoup plus ancienne. De nombreuses zones aurifères ont déjà été « nettoyées » avec des détecteurs VLF avant même que les détecteurs PI soient inventés. Puis ,les détecteurs PI sont arrivés (il y a plus de 20 ans maintenant) et les prospecteurs d’aujourd’hui peuvent reprendre des zones déjà prospectées.

Dans ces zones très travaillées, on pourrait penser qu’un détecteur VLF ne serait pas efficace. Cependant, ils présentent encore certains avantages par rapport aux détecteurs PI qui trouvent de l’or encore à ce jour. Même ces détecteurs PI à 5000 euros laisseront échapper de l’or que vous ne pouvez trouver qu’avec un VLF.

Quelle est la réglementation pour utiliser un détecteur de métaux en orpaillage ?

La réglementation sur l’orpaillage de loisir autorise sous déclaration de faire des travaux de prospection. Cependant, la question de l’utilisation du détecteur de métaux se pose, notamment sur la nécessité de son utilisation en orpaillage en France.

Restons claire sur ce fait, pour orpailler, nous avons obligation de faire une demande d’autorisation en Préfecture, à la DDT exactement. Dans la plupart des sites internets de ces DDT, la page consacré à l’orpaillage énumère le matériel utilisable. Hors, il est nullement mentionné le détecteur de métaux comme matériel utilisable pour l’orpaillage de loisir en France. De ce fait ce n’est pas un matériel que l’on peut utiliser. Certaines DDT ont pris les devant en modifiants leurs documents, expliquant que le détecteur est formellement interdit. Toutefois, si vous êtes dans un département qui ne mentionne pas formellement une interdiction d’utilisation, vous pouvez tenter d’en faire la demande.

Utiliser un détecteur de métaux en orpaillage vous obligera donc à l’avoir déclaré lors de votre demande en préfecture. Lorsqu’on parle de détecteur de métaux à une préfecture, on touche sur une demande spécifique pour ce matériel qui est loin d’être un matériel artisanal. Le dossier est également envoyé au service de la DRAC pour vérification et autorisation. Ceci vous amènera donc à justifier de son utilisation afin d’avoir un motif légal pour faire cette recherche, mais aussi de devoir doubler votre demande auprès des services archéologiques locaux.

À l’heure actuelle, votre demande sera systématiquement refusée dans ce dernier cas. En effet, l’orpaillage et la détection de loisir ne ciblent pas les mêmes choses (l’or natif pour l’un, des artefacts pour l’autre). Hors, les services archéologiques ne font pas la différence entre les 2. De plus, aux yeux de la loi et des administrations, l’utilisation de détecteurs de métaux ne peut se soustraire à une demande spécifique non reconnue comme prépondérante en France. Et l’administration s’en doute bien.

Source : Biodiversité de la DREAL et DRAC

Que faire si je trouve un artefact sans détecteur au bord de l’eau ?

Gaetan, un prospecteur Français à vécu sa ruée vers l'or en australie avec detecteur de metaux

Pour la petite histoire, en octobre 2019, nous avons eu (Goldline, et la FFOR) une information de la part d’une archéologue qui nous a prévenu que la DRAC s’intéressait de plus près sur ce qu’il se passe en orpaillage en matière de trouvaille. Nous en avons parlé dans la section news du site du mois d’octobre 2019. Nous avons pris l’initiative conjointement avec les partis ayant été informés, de contacter directement le DRAC pour avoir plus d’informations. 2 aspects nous ont été relevés :

  • Les découvertes fortuites lors de l’utilisation classique de l’orpaillage sont-elles déclarées ?
  • L’utilisation du détecteur de métaux est-elle autorisée pour l’orpaillage ?

Nous avons donc répondu d’un commun accord que l’orpaillage de loisir aujourd’hui n’est pas reconnu en tant qu’activité sportive de loisir. L’orpaillage que nous pratiquons est une souplesse administrative , permise par les préfectures (le DREAL en réalité), nous autorisant à pratiquer le loisir sous couvert d’une déclaration écrite au service de la DDT concernée. “À la volonté et aux besoins du service d’adapter une doctrine propre aux besoins environnementaux de milieu en question” (Termes exacts de Monsieur Favard au service “gestion des risques” DREAL Occitanie).

En France, la présence d’or natif étant rarissime, voire inexistante, à des tailles suffisantes pour pouvoir être accroché par un détecteur de métaux, ce matériel n’est donc pas retenu par les préfectures comme un matériel “normal” pour la recherche d’or alluvionnaire. Ce qui permet de qualifier toute découverte faite par l’orpaillage de loisir comme totalement fortuite, car vous ne tombez pas sous le coup de l’article L542.1 du code du patrimoine. En effet, la fouille d’or natif n’est aucunement mentionnée dans les retours de nos préfectures en tant que cas d’utilisation de détecteurs de métaux pour la prospection aurifère. C’est ainsi que la DREAL et les préfectures que nous avons contactées considèrent ce cas de découverte. Aussi, tout artefact archéologique pouvant intéresser l’histoire ou l’archéologie, ou tout autre trésor (monnaies, fibules,…), doit faire l’objet d’une déclaration auprès des services archéologiques compétents. Ceci est une priorité des archéologues que nous devons respecter afin d’éviter toute perte de données archéologiques.

Point de vue de l’association Goldline Orpaillage.

Même si à ce jour, 80 % des membres de notre association pratiquent également la détection de loisir, nous sommes certains que le détecteur de métaux n’a absolument aucun intérêt en orpaillage de loisir. À la fois d’un point du légal que d’un point de vue technique sur le terrain. Généralement, les dépôts ferreux se voient assez facilement à l’œil nu. De plus, un détecteur de métaux ne saurait justifier son utilisation, compte tenu de sa cible recherchée contrairement à une simple bâtée. Pour appuyer cet argument, rechercher une pépite en France s’apparente à une certaine utopie qui engage davantage une démarche commerciale que réellement technique. L’utilisation ne servirait que pour une détection indirecte. Vous pouvez utiliser n’importe quelle marque de détecteurs ou modèles (Garrett ACE, AT pro, XP Deus ou Orx, Quest, Minelab ou Technetics G2), ça ne changera rien, vous n’arriverez pas à trouver de l’or avec, quel que soient les réglages, du fait de la taille de l’or recherché. Peut-on dire que, de ce fait, un détecteur peut tenir sa place au côté d’une rampe de lavage et d’une bâtée ? Du côté de Goldline Orpaillage, nous avons déjà notre propre point de vue sur le sujet. Et nous pensons que non !

Quelques astuces pour prospecteur avec un détecteur de métaux.

Voici 51 astuces de chasse aux pépites et stratégies de détection de métal qui peuvent aider à augmenter vos chances de trouver des pépites d’or avec un détecteur de métaux.

1. Utilisez un détecteur de métal conçu pour la chasse aux pépites d’or. Ces détecteurs de métal or valent le prix. Préférez un détecteur qui utilise une fréquence haute de l’ordre de 19 kHz ou plus. Vous pouvez utiliser du VLF.

2. De nombreuses zones notées pour l’or fin peuvent également renfermer des pépites plus grandes. Vous avez plus de chances de les trouver avec un détecteur de métal que les premiers mineurs. N’évitez pas ces zones, juste parce qu’elles sont réputées pour de l’or fin.

3. Si vous trouvez des pépites d’or qui ne sont pas très usées (cristallisées), vous êtes probablement proche de la source.

4. Si vous voyez un pan d’érosion qui ne fait pas partie du ravin habituel, alors il peut s’agir des restes d’un ancien site minier.

5. Les crêtes sont des bons endroits pour chercher car il y a généralement moins de terre couvrant la roche où les pépites se concentrent.

6. Cherchez des affleurements de quartz couleur sombres (dit “le quartz sale”), surtout s’il est sur une crête. Passez votre disque le long de la paroi puis creusez avec un marteau de géologue pour extraire la roche et l’or.

7. Creusez un trou d’essai pour trouver la profondeur de la roche mère afin de ne pas perdre votre temps. Aussi, cherchez des morceaux de quartz sale dans le trou.

8. Si vous détectez dans un ravin, cherchez l’étirement rocheux qui est juste en dessous des sections vraiment raides. Ces zones érosives sont des zones de réception rocheuse. La partie raide du ravin aura du mal à piéger l’or, tandis que les étirements inférieurs auront trop de surcharge ou débris légers de roche. Il faut donc chercher au plus près de la zone d’étirement rocheux.

9. Cherchez des parcelles de graviers avec de petits morceaux de quartz usés ; cela peut indiquer les restes d’un vieux lavage qui pourrait contenir de l’or.

10. S ‘ il y a des taches sablonneuses mélangées avec des traces d’argile cimentée, alors la terre a peut-être été modifiée, ce qui signifie que vous êtes susceptible de trouver du métal à faible profondeur et ce qui n’est pas idéal pour détecter.

11. Si vous venez à traverser une section sablonneuse dans un ravin, creusez un petit trou pour voir à quel point le gravier est enterré. Si le sable est profond, alors continuez votre chemin.

12. Si vous réglez votre seuil sonore trop fort, vous pouvez noyer votre oreille de sons parasites et louper un bon signal. Trop silencieux et vous pouvez rater quelques cibles. À vous de jauger le juste milieu.

13. Les plus grosses pépites ont tendance à être plus loin dans la pente des affleurements de quartz.

14. Si vous voyez des bâtonnets plantés dans le sol ou de petits monticules de roches en équilibre, il est possible qu’un autre chercheur de pépites soit passé par là.

15. si vous savez que la zone est aurifère, que le bedrock n’est pas visible, visez plutôt les zones de recouvrement argileux. Une fois trouvé, creusez et essayez de voir si vous trouvez la roche mère. Si vous ne la trouvez pas, continuez votre chemin.

16. La poussière rouge du sol provient de la minéralisation de fer. L’or est souvent associé à la minéralisation.

17. Les minerais de fer sont souvent associés à l’or. Ils répondent aux aimants et peuvent souvent sonner au détecteur. Si vous trouvez un minerai de fer, l’or est peut-être proche.

18. Gardez votre disque au plus près du sol pour obtenir le plus de profondeur possible.

19. Balayez votre disque parallèlement aux couches de graviers, pas à travers elles. Cela permet au détecteur de métaux de mieux faire face à la minéralisation.

20. L’argile contenant du fer peut causer un faux signal, donc cassez les morceaux d’argile pour voir s’ils provoquent un signal.

21. Travaillez méthodiquement vos zones quitte à mettre en place un quadrillage au sol pour ne rien louper.

22. Si la cible est profonde dans du gravier dur, il y a de fortes chances que ce soit une pépite.

23. Dégager des rochers dans une zone productive. La profondeur supplémentaire que vous gagnez peut payer.

24. Utilisez une pépite d’essai d’environ 1 gramme pour vous assurer que votre machine est bien réglée, elle vous aidera également à ne pas douter de votre machine les jours où les cibles sont loin et peu nombreuses.

25. N’hésitez pas à recalibrer régulièrement l’effet de sol de votre détecteur.

26. Comme on dit, ” l’or est là où vous le trouvez.” Si vous ne trouvez pas grand-chose, essayez les endroits où l’or ne se concentre normalement pas. Cela peut donner de belles surprises.

Vues : 6085